Au pays des Kra et des Li

I know what it means to be alone

vendredi 24 août 2007

Je t'enquiquine -> je t'enquiquette -> je t'embite -> je t'embête *

Ma vie a retrouvé un semblant d'équilibre; je travaille (un peu), je bois (suffisament), je vois des copains (jamais assez) et je ne fume plus de narguilé à outrance (même si devant un film ca manque cruellement). Comme c'est bien d'être à la maison. C'est comme en vacances sauf que j'aimerais bien être en vacances, histoire d'en profiter pleinement. Pis j'ai envie de prendre l'avion, aussi...

The_Earth_seen_from_Apollo_17

* Je ne vois pas d'autre explication à l'origine du verbe "enquiquiner" **
** Ceci était une spéciale dédicace pour Jéremie.

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vendredi 3 août 2007

Le début de la fin

Description de mon emploi du temps pour les 6 mois à venir, ou plus selon mes envies malheureusement très changeantes depuis un moment;

On m'a affecté à une mission à Genève, dans mon ancienne boîte pour laquelle je voyage encore de temps en temps, je commence jeudi prochain. Ils sont à la bourre et ont demandé que je vienne. Comme j'ai de toute facon démissionné de St-Gall il n'y avait aucune raison de s'opposer à ce petit transfert. J'y serai entre deux semaines et un mois. Ca c'est une bonne nouvelle.
Ensuite retour à St-Gall. Officiellement je quitte l'entreprise le 31 Octobre mais mon dernier jour de travail devrait être le 14 Septembre, peut-être même plus tôt s'ils me forcent à boucler mon solde de presque 4 semaines de vacances encore à prendre. Et aussi à cause d'un cours de répétition pour le petit soldat que je suis, cours que je pourrai attaquer tout détendu pour les trois semaines suivant mon dernier jour. Mon avant dernier avant celui de Mars de l'année prochaine qui me libérera définitivement de mes obligations.

Au retour, le week-end du 5 au 7 Octobre j'aurai 30 ans.................  alors réserve cette date si tu veux profiter de l'occasion pour (re-)visiter St-Gall en buvant trop avec moi, y'a de la place.

Après les dégats je viderai l'appart pour tout rapatrier à Genève et faire ma Abmeldung, déclaration de départ. Rapidement après, l'entreprise genevoise m'enverra en Inde commencer la longue série de machines devant être mises en service. Cependant cela se fera selon les nouveaux accords. Je n'aura pas de contrat de travail fixe mais travaillerai à l'heure pour des missions. Entre deux appels je prendrai un peu de temps pour moi, pour réflechir sur mon avenir et des possibilités de ré-orientation, qui passeront probablement par des études. Mais quitte à réflechir, autant le faire à quelque part qui me plaît, et ca sera en Colombie. Si ca se trouve je n'y serai que peu de temps si les missions s'enchaînent mais dans l'idée c'est ca. Je passerai des heures interminables en avion aussi je profiterai de couper le trajet en m'arrêtant à chaque fois 2-3 jours à Genève. Je devrai mener ce train de vie 6 mois ou une année selon le volume de travail que l'on me donne, ensuite je tournerai la page.

Je n'ai encore aucune idée de ce qu'il se trame sur la page suivante mais je me réjouis de le découvrir.

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lundi 30 juillet 2007

How can one prevent a drop of water from ever drying up ?

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   By trowing it into the sea.

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Samsara

A chaque fois que je regarde ce film, je passe par différentes émotions et garde en moi une trace pour les jours suivants. Je suis émerveillé par l'histoire, époustouflé par les images, amoureux des personnages, les tripes saisies lors de la scène finale et milles pensées qui me traversent encore bien après le mot fin. C'est un des films que j'ai le plus à coeur, comme peu savent parler au plus profond de moi. Je ne peux plus me souvenir exactement des interprétations et conclusions que j'en tirais les précédentes fois, tant j'ai l'impression qu'elles dépendent de l'état de ma vie à ce moment.

Le film traite des désirs et de leur renoncement. Un sujet qui me touche car, comme pour tout le monde, ils influent sur mon présent et futur. Ce qui différencie chacun de nous est la capacité à les vivre ou au contraire à y renoncer, non par peur, sinon par entendement des conséquences. J'ai toujours été partisant des expériences ("mieux vaut des remords que des regrets") et préfère en avoir trop vécu que pas assez, en étant parfois égoiste pour justement vivre mes désirs, même si je déçois ou irrite. Je me mets en marche, découvre, vis, fais de bons choix et de moins bons, comme venir à St-Gall par exemple.
Prochainement je vais me remettre en marche et toujours pas pour rentrer chez moi, ce n'est pas encore le bon moment apparemment même si j'espère que ce jour arrivera tout bientôt.

Ce film est à voir quand on est disposé à se prendre un moment de contemplation. Le narguilé et le vin rouge sont dispensables mais hautement recommandés.

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vendredi 20 juillet 2007

Kündigung

Sehr geehrte Herren ***, *** und ***,

Ich möchte hiermit meine Stelle kündigen bei der Gruppe *** AG, um 31. Oktober. Ich gebe ihnen diesen Brief drei Monate im voraus, statt zwei Monate, aufgrund eines militärisches Weiterbildungskurses (WK) von 17. September bis 5. Oktober.

In dieser Zwischenzeit, werde ich meine Funktionen bei den Kunden verfolgen. Wir sollten meinen Arbeitsplan zusammen organizieren, mit den besten Belange zwischen ***, *** und mir.

Fünf Monate nach der Wiederöffnung von ***, habe ich die Möglichkeit bekommen, im Kundendienst in Rorschach zu arbeiten. Ich danke *** für diese neue Erfahrung.

Ich wünsche Ihnen und der Firma viel Erfolg in der Zukunft.

Sang d'encre

En V.O. dans le texte, mais comme on a tous un google traduction sous la main ca pose pas tant de problème, pis ca fait plus authentique. C'est ce que j'ai donné aux ressources humaines tout à l'heure. Le premier pas aux changements.

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jeudi 28 juin 2007

Openair St.Gallen

Demain c'est le grand jour. Demain commence le festival Openair de Sankt-Gallä.

07_06_Openair_Hauptb_hne

Du moins officiellement car ce soir c'est pour les privilégiés, bénévoles et autres aficionados qui ont pris leurs early-birds tickets en décembre. Cet évenement n'est pas non-plus tout anodin car, déjà, c'est la dernière grande saillie fête qu'il me manquait de voir et, par là, marque mon année complète à St-Gall, étant arrivé le samedi du festival (1 Juillet).

Propre au génie local des alpages, l'organisation est un peu différente et originale, et fait qu'il n'y pas d'emplacement reservé au camping mais que les tentes se trouvent également dans l'enceinte du festival. Ne pouvant contrôler tout le monde tout le temps, un campeur entrant le vendredi pourrait y rester tout le week-end sans resortir.

07_06_Openair_plan

Pour éviter les abus le système est simple, on vend l'abonnement de 3 jours, de 2 jours pour samedi-dimanche ou seulement dimanche. Inutile de préciser que le programme est excellent le vendredi, pas trop mal samedi et carrément pourrit le dimanche où seuls les perfomances d'Olmawurst et Schützengarten peuvent encore sauver les meubles.

07_06_Openair_bands

L'année passé, quelque peu désorienté par ce système, j'avais renoncé à prendre des billets et ma toute première soirée à St-Gall je l'aurai finalement passée à Zurich. Demain je bouclerai la boucle et repartirai pour un tour.

Putain, déjà un an.

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lundi 11 juin 2007

Züri vs Ganf

Malgré mes posts catastrophiques à tendance dépressive (cf. voir plus bas) et auto-destructrice, force m'est d'avouer que mes week-ends sont plutôt légers et festifs, inversement proportionnel à mon ennui de la semaine. Ces derniers mois je suis plusieurs fois rentré bien après les premiers rayons de soleil et le déjeuner, tout en ayant parfaitement geré mon taux d'alcoolémie, le maintenant suffisamment haut pour que ca reste drôle. Ca faisait même un sacré moment que je n'avais plus fini à la Langstrasse de Zurich. J'en étais arrivé à des discussions où on s'étonnait de pouvoir apprécier ou détester des régions de Suisse, pourtant éloignées de seulement quelques dizaines kilomètres, à cause du style de vie et de la mentalité. Moi encore à cracher sur la mentalité St.Galloise, à faire l'apologie de Zurich-la prétentieuse, regrettant Genève, toujours en relation d'amour-haine avec le reste du pays et Lausanne où les nuits sont si belles.

Si quelqu'un vient dans mon village un vendredi, il aura des chances de me trouver là:

07_05_The_Room

"The Room" in St.Gallen.

Photo cliquable pour la localisation.

Un simple bar qui passent de la bonne musique rock indie (aussi Adam Green) même qu'il y a un disk-jockey pour ca, les filles sont aussi bien qu'elles le peuvent tout en étant st.galloise, la bière n'est pas franchement bon marché mais c'est surtout là que les gens biens se rencontrent, ceux qui font preuve d'ouverture aux autres...

S.

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lundi 7 mai 2007

Laissez les bons temps rouler

07_05_4X

Ce week-end avait un petit quelque chose de spécial, c'était le dernier en terre st-galloise pour mon ami Florian, qui déménage à Zurich. Bien sûr, c'est presque la porte à côté et ca me permettra d'y aller aussi plus régulièrement mais quand même, ca sera plus trop pareil, on se verra moins c'est forcé. Ce week-end avait donc une allure de tournée d'adieu aux habitudes. Moi, en contre-partie, je me sens mieux depuis quelques semaines et j'essaye de partir à la rencontre de mon entourage, d'être plus sociable et ne pas m'arrêter aux problèmes de langue. J'ai même recommencé à aller au club salsa. Bref, pendant que Florian quitte ses habitudes, j'essaye de m'en créer.

Hier soir, pendant l'Happy Hour, il me confessait que faire ses cartons était plus émotionnel qu'il ne le pensait et me demandait comment je le vivais. On était d'accord qu'un déménagement n'est jamais totalement innocent, même en restant dans la même ville, notamment parce qu'il y a une certaine obligation de faire un tri et par là de refléchir à ce qu'on garde ou pas. Par contre, définir la notion de "maison" était plus compliqué. A vrai dire je n'y avais jamais trop pensé, disons pas plus loin que reconnaître que Genève est mon lieu d'origine et que je pense y finir mes jours, mais entre-deux…?? A cause du week-end précédent j'ai estimé que ma "maison" était là où se trouvait mon appartement justment. Pour explication, j'avais congé jusqu'à mardi et ai profité d'aller à Genève faire la tournée des amis. J'ai passé du temps avec ma famille seulement lundi et même pas longtemps par manque de disponibilité, le mardi j'aurai pu voir presque tout le monde pour le repas et pendant l'après-midi, me faisant arriver tard chez moi malgré tout. Au lieu de cela, j'ai décidé de rester dormir chez Francois à Lausanne après notre petite soirée et rentrer directement le lendemain matin, me faisant sentir terriblement coupable. En fait, je sentais que j'avais besoin d'etre "à la maison". Après, que le lieu considéré comme maison soit bon ou merdique est un autre débat.

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"Stars and Stripes" @ St.Gallen

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vendredi 27 avril 2007

Soy un pobre diablo

Bon, faut que je me mette à écrire un truc ici sinon vous allez croire que je me morfonds, seul dans mon appartement les habits déchirés avec de la cendre sur la tête, depuis une semaine suite à la terrible nouvelle du week-end dernier. En fait non. Plus prosaïquement j'ai beaucoup de boulot, je suis pas mal sorti et je commence à écrire des mots bizarres comme 'prosaïquement'.

Ceux qui me connaissent diront que je suis quelqu'un qui réflechit trop, qui a tendance à réaliser ce qu'il a dans la tête surtout si c'est con, à les envies très changeantes, parvient à justifier assez bien toutes ses décisions et préfère voir par lui-même plutôt que d'écouter les conseils, même si c'est merdique. Toute cette jolie introduction pour annoncer que j'ai changé d'avis une fois de plus. Je ne pense plus quitter St.Gallen et rentrer à Genève d'ici cet été. C'est officiel et je m'explique, ne sachant pas ce que je veux pour mon futur je n'ai pas l'impression que rentrer réglera beaucoup de choses, tout au plus cela me reposera au début (surtout les oreilles) mais ensuite je doute de l'amélioration. J'en viens à me dire que le principal défaut ici est mon mal-être, je ne suis pas heureux et je ne me plais pas, et donc je pourrai vivre n'importe oú le résultat serait le même. Quand je dis n'importe oú je pense à n'importe quel endroit oú j'aurai à construire une nouvelle vie sociale. Me connaissant, en rentrant maintenant, j'aurai un sentiment d'inachevé et je risque de le regretter, ce qui me fait retourner à mon plan de base qui donnait une durée minimum de deux ans, donc juillet de l'été prochain. Depuis deux-trois semaines que je pense ainsi je vais mieux, j'arrive même à bosser, même si je conçois pleinement que mon changement d'humeur peut tout à fait être simplement lié à l'échange pantalons-jupes et pulls-petits tops opéré tout autour de nous ces derniers jours. Vive le printemps.

Mais attendons de voir ce que je penserai dans un mois… on sait jamais.

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mardi 6 mars 2007

Vous êtes bien urbain

Mes hauts et bas font de nouveau de jolis écarts et j'essaye tant bien que mal de contenir tout ca dans des proportions acceptables. Pour commencer par la fin telle une mauvaise série B, attention au pléonasme facile*, on me voit ce matin, énervé et mettant tout naturellement des coups d'épaules à tous ces paysans qui ne laissent pas les gens descendre du bus. Enervé car mon passeport n'était pas arrivé à sa destination la veille, donc possiblement perdu et que je n'ai pas retrouvé la quittance de la Poste avec le numéro d'envoi alors que j'ai toutes les autres quittances reçues ce même jour de l'envoi et le suivant. J'ai une petite semaine pour faire faire un visa indien et chinois car je dois combiner deux voyages d'une durée de 6 semaines environ. J'étais soucieux aussi à cause d'une douleur inconnue à la poitrine.

Premier flashback sur samedi soir. Je suis à Zurich et fais la fête avec un tas de monde. Je rencontre une charmante jeune fille et après une agréable discussion obtiens son numéro. J'apprends par la suite que son plan de travail empêche qu'on se voie cette semaine, suit une proposition pour la suivante, sauf que c'est maintenant le mien qui empêche… pour 6 semaines. Là, n'importe quel psychologue en culotte courte me démontrera que mon subconscient me sabote le travail en perdant une quittance et me rendant malade pour retarder le départ.

Deuxième flashback sur vendredi, je sors du boulot avec l'enveloppe pour l'ambassade, je me dépêche de passer à la Poste, chope la quittance la mets kekpart et file avant que ne ferme le magasin à tabacs en tous genre car j'ai plus rien pour mon narguil'. Le soir, je bois avec des potes à un tel point que je ne me souviens pas en quelle langue je parlais avec je ne sais quelle fille, pas non-plus du retour, ni que j'avais mangé des tartines à la confiture et moutarde aux grains (pas en même temps, je suppose), ni d'avoir enlevé mes lentilles, brossé mes dents, fermé les volets. C'est la première fois que ca m'arrive j'vous jure. Là, n'importe quel suisse-allemand en short dira que ça c'est ça, que c'est toujours la rigole et après on perdre les papiers dans les bars, que ça pas sérieuse.

Troisième flashback sur dimanche après-midi, je cours. Après rien, pour rien, je pars et une demi-heure plus tard reviens au point de départ, un peu comme un pigeon voyageur, mais sans message. Là, n'importe quel docteur en pantalon à pince de golfeur prédirait une douleur à la poitrine proche de la bronchite en se remettant au sport après un long arrêt et une consommation de narguilé proportionnel à l'ennui dans mon bled.

Je reprends l'histoire où je l'avais laissée, à la fin donc. Aujourd'hui j'arrive au boulot et apprends que le voyage en Inde est repoussé et que je rentrerai après les 10 jours en Chine, que mon passeport est revenu ici à cause d'une adresse pas valide, qu'une bronchite aiguë ne nécessite pas d'antibiotiques et part comme elle vient, donc soit j'ai un subconscient un peu con, soit il n'a rien à voir là-dedans. Là, n'importe quel saltimbanque-funambule en collant dirait que j'ai de l'avenir dans la profession.

Et là surtout, n'importe quel producteur de série B en jambière de cuir me mettrait à la porte pour un tel scénario sans interêt.

* d'ailleurs je me demande pourquoi l'expression 'petit nain' est considérée comme pléonasme, alors que tous les nains n'ont pas la même taille et qu'il peut donc y en avoir des plus petits et plus grands que d'autres.

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mardi 20 février 2007

What's up, doc?

Tout est une affaire de résistance et de limites.

Là j'avoue que je me fatigue un peu à toujours les taquiner mais quand je me repose j'ai l'impression de perdre mon temps. C'est grave docteur? Je me demande qui m'a mis dans la tête que le temps n'est pas à perdre, que si je mourrais demain mieux valait ne pas regretter d'avoir gaspiller ces quelques années. Qui me disait: meilleurs des remords que des regrets? J'aime bien cette phrase. Ah oui, c'est d'une anglaise connue en Equateur. Elle me disait aussi: you used to smile a lot before we dated. La théorie par la pratique, ouais, des remords mais au moins j'étais fixé, donc pas de regrets.

Je ne sais pourquoi ni comment mais à une époque j'étais patient, un modèle de patience même, puis plus. Je crois que ca a changé en rentrant de mon année en Amérique du Sud, dernière belle période d'insouciance, où il a fallu que je me dise que c'était bien beau de bourlinguer à m'occuper avec une profession qui n'est pas du tout la mienne mais qu'il était de mettre en place mon futur. Depuis je cours. J'ai l'impression de n'avoir rien appris jusqu'à 21 ans, d'avoir eu la belle vie 4 ans de plus et que tout est à faire maintenant. Alors je cours. Un autre anglais m'a dit, en Colombie cette fois… (pour celles et ceux qui ont un vrai endroit qu'on appelle maison et/ou qui ne resente pas le besoin d'aller voir ailleurs, il faut savoir que, où qu'on aille, on est sûr de rencontrer des anglais, des allemands et des suisses)… cet anglais donc, dans la quarantaine, me disait que pour rien au monde il aimerait avoir de nouveau 20 ans. Pas que se soit mal passé, au contraire, mais c'est du boulot et on profite mieux à 40. bon, faut dire qu'il n'avait pas d'enfant et la tune pour voyager. J'aime bien les anglais, leurs manières, leur pragmatisme, leur flegme, même si je ne resens pas le besoin ou l'envie d'aller dans leur pays, un jour sûrement.

Donc je cours. J'ai couru jusqu'à arriver dans mon village krali et je me suis embourbé. J'aimerais bien courir encore mais ca va pas plus vite qu'au pas. Et c'est là qu'entrent en jeu la résistance et les limites. Jusqu'où tiendrai-je? J'ai toujours l'espoir que soudainement le rythme va reprendre mais il y a 10 jours j'ai eu une expérience interessante. Bon rien de techniquement grave mais j'ai dû sortir précipitamment d'un bar à cause de gens qui incarnaient tout ce que je n'aime pas chez mes villageois et je sentais la pression monter inexorablement. Plus de patience envers ces gens. Je suis sorti, j'ai crié un bon coup et suis rentré chez moi. Ma tolérence était-elle juste basse à ce moment ou est-elle définitivement érodée? Est-ce que la dépasser est un signal d'alerte ou un simple moment d'égarement?

Mais y'a aussi d'autres limites que je transgresse. Quand j'ai l'occas' de faire la fête je m'en donne à cœur-joie jusqu'au petit matin. Jeudi passé, lancement du carnaval, je vais à Konstanz retrouver quelques amis. Des gens déguisés dans toute la ville, on est arrivé tard alors on rattrape le temps perdu, j'ai constamment une bière dans chaque main, on rencontre du joli monde de Stuttgart, se fait jeter à la fermeture, fini dans un club, m'en vais prendre le train qui n'est même plus le premier, une heure de voyage dans un train vide, je m'assoupis en prenant mes aises, je me réveille à l'approche de mon village, le train est maintenant bondé de pendulaires allant comme chaque jour au travail et moi suis vautré sur trois places, en t-shirt, bourré, puant le parfum. Ca aurait pu être un grand moment de solitude mais non, ca me fait sourire.

– C'est quoi le nom du lancement du carnaval?
– Schmutziger Donnerstag
– Ah ouais, le sale jeudi…

Posté par sangdencre à 11:37 - jusqu'ici tout va bien - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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