Au pays des Kra et des Li

I know what it means to be alone

mardi 27 février 2007

Du verbe chaloir

Ce matin je me suis fixé un objectif assez ambitieux pour ma soirée; au lit avant 23h et bras de morphée avant 23h30. C'est pas que je soie un gros foireur à sortir tous les soirs, non, non, non, mais plutôt que j'ai chopé un sale rythme depuis le retour de mi tierra herida querida llamada Colombia. Je me fais surprendre par le temps vers 1h du mat', me prépare, me couche vers 2h et m'endore 20 minutes plus tard. A force de luttes incessantes mon corps s'est habitué à se réveiller à 8h10, ce qui est largement une heure après l'acceptable et bien une heure vingt après l'enclanchement de mon réveil.

Constatant que ma vie craignait, j'ai tapé hygiène de vie dans Wiki pour voir ce que ca donne.

Déjà ca commence mal, j'échoue au point 1, et je crois que l'argument "tabac au fruit, naturel, sans additif" de mon narguilé ne fasse pencher la balance. Le point 2 est plutôt encourageant, assez de liquide en tout genre pour compenser le café et 3 verres d'alcool par jour est jouable même si je doute que ne pas boire un jour permette 6 verres le lendemain. Concernant la nourriture c'est encore à étudier, y'a bien tout ca mais peut-être pas dans les bonnes proportions. Et enfin le quatrième point; l'exercice et le rythme. J'en ai pourtant bien un de rythme mais ca merdoie à la longue et faut que je commence par régler ca.

Une autre question me turlupine maintenant (eh ouais, je ne contrôle pas toujours les mots qui me viennent) "l'hygiène de vie est une notion uniquement francaise?" Et oui, car sur ce sujet il n'y a aucun lien de cette page en d'autres langues, même pas en anglais. Etonnant, non?

Et à vous qui, comme moi, êtes tout turlupiné à savoir ce qu'on peut bien faire d'un titre pareil, la réponse ici.

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mardi 20 février 2007

What's up, doc?

Tout est une affaire de résistance et de limites.

Là j'avoue que je me fatigue un peu à toujours les taquiner mais quand je me repose j'ai l'impression de perdre mon temps. C'est grave docteur? Je me demande qui m'a mis dans la tête que le temps n'est pas à perdre, que si je mourrais demain mieux valait ne pas regretter d'avoir gaspiller ces quelques années. Qui me disait: meilleurs des remords que des regrets? J'aime bien cette phrase. Ah oui, c'est d'une anglaise connue en Equateur. Elle me disait aussi: you used to smile a lot before we dated. La théorie par la pratique, ouais, des remords mais au moins j'étais fixé, donc pas de regrets.

Je ne sais pourquoi ni comment mais à une époque j'étais patient, un modèle de patience même, puis plus. Je crois que ca a changé en rentrant de mon année en Amérique du Sud, dernière belle période d'insouciance, où il a fallu que je me dise que c'était bien beau de bourlinguer à m'occuper avec une profession qui n'est pas du tout la mienne mais qu'il était de mettre en place mon futur. Depuis je cours. J'ai l'impression de n'avoir rien appris jusqu'à 21 ans, d'avoir eu la belle vie 4 ans de plus et que tout est à faire maintenant. Alors je cours. Un autre anglais m'a dit, en Colombie cette fois… (pour celles et ceux qui ont un vrai endroit qu'on appelle maison et/ou qui ne resente pas le besoin d'aller voir ailleurs, il faut savoir que, où qu'on aille, on est sûr de rencontrer des anglais, des allemands et des suisses)… cet anglais donc, dans la quarantaine, me disait que pour rien au monde il aimerait avoir de nouveau 20 ans. Pas que se soit mal passé, au contraire, mais c'est du boulot et on profite mieux à 40. bon, faut dire qu'il n'avait pas d'enfant et la tune pour voyager. J'aime bien les anglais, leurs manières, leur pragmatisme, leur flegme, même si je ne resens pas le besoin ou l'envie d'aller dans leur pays, un jour sûrement.

Donc je cours. J'ai couru jusqu'à arriver dans mon village krali et je me suis embourbé. J'aimerais bien courir encore mais ca va pas plus vite qu'au pas. Et c'est là qu'entrent en jeu la résistance et les limites. Jusqu'où tiendrai-je? J'ai toujours l'espoir que soudainement le rythme va reprendre mais il y a 10 jours j'ai eu une expérience interessante. Bon rien de techniquement grave mais j'ai dû sortir précipitamment d'un bar à cause de gens qui incarnaient tout ce que je n'aime pas chez mes villageois et je sentais la pression monter inexorablement. Plus de patience envers ces gens. Je suis sorti, j'ai crié un bon coup et suis rentré chez moi. Ma tolérence était-elle juste basse à ce moment ou est-elle définitivement érodée? Est-ce que la dépasser est un signal d'alerte ou un simple moment d'égarement?

Mais y'a aussi d'autres limites que je transgresse. Quand j'ai l'occas' de faire la fête je m'en donne à cœur-joie jusqu'au petit matin. Jeudi passé, lancement du carnaval, je vais à Konstanz retrouver quelques amis. Des gens déguisés dans toute la ville, on est arrivé tard alors on rattrape le temps perdu, j'ai constamment une bière dans chaque main, on rencontre du joli monde de Stuttgart, se fait jeter à la fermeture, fini dans un club, m'en vais prendre le train qui n'est même plus le premier, une heure de voyage dans un train vide, je m'assoupis en prenant mes aises, je me réveille à l'approche de mon village, le train est maintenant bondé de pendulaires allant comme chaque jour au travail et moi suis vautré sur trois places, en t-shirt, bourré, puant le parfum. Ca aurait pu être un grand moment de solitude mais non, ca me fait sourire.

– C'est quoi le nom du lancement du carnaval?
– Schmutziger Donnerstag
– Ah ouais, le sale jeudi…

Posté par sangdencre à 11:37 - jusqu'ici tout va bien - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 12 février 2007

Por un beso de su boca voy al cielo y hablo con Dios. Alcanso las estrellas de emocion.

Un dimanche pluvieux, aussi triste et sale que le désespoir d'un vendredi soir alcoolisé, entouré de démons réels et imaginaires.
Un dimanche pluvieux, aussi neutre et libre d'attente que l'euphorie d'un samedi soir alcoolisé, entouré de gens de valeur.
Un dimanche pluvieux, aussi dégoulinant et suintant que mes espoirs de jours meilleurs.

J'ai un après-midi à perdre, un café à trouver et un journal venu de ma terre d'origine. Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent, aurait dit le bernois. C'est pas grave, le monde ne m'interesse plus et, assis à ma table, il se tait à chaque fois qu'elle me passe devant les yeux. Elle est blonde, c'est curieux, d'habitude je ne me laisse pas si facilement déconcentrer par les blondes. C'est peut-être le contraste avec dehors, elle est lumineuse, tout chez elle est harmonieux, peut-être le contraste avec moi aussi, elle sourit, semble heureuse. De travailler aujourd'hui n'a pas l'air de l'embêter, elle se dit surement que c'est la meilleure manière de passer un dimanche d'hiver froid, pluvieux, perdu. De constamment passer de table en table me permet de l'observer, j'aime déjà ses yeux, bleus, qui se plissent et se rouvrent grand pour accentuer ces phrases, ses lèvres dont elle a discretement souligné les traits, son cou qui pourrait allégrement ravir la place du premier baiser, et ses seins, mon Dieu, ses seins, ou plutôt ses Seins, mon dieu, ses Seins, quelle bonne idée cette chemise blanche où le bouton de trop a joué les rebelles, l'harmonie vient peut-être d'ici, une chemise blanche et un jean's sont facilement banal mais chez elle c'est doux aux yeux, comme sa poitrine qui attire le regard sans jamais réelement s'exhiber, ne se dévoilant qu'une fraction de seconde à celui qui aura guetté l'heureux mouvement de cette chemise blanche, faisant regretter que le dernier bouton ne joue pas lui aussi les rebelles, il m'empêche de percer les mystères de ce ventre plat, je dois alors imaginer comment seraient les lignes de l'aine, celles qui guident chaleureusement sur le chemin, un chemin plus réel et bien plus agréable que celui de l'indiscrétion dont je fais preuve, dont je me serais repenti quelques année plus tôt, regarder afin de pénétrer l'intimité, contempler afin de se l'emparer, déjà en pleine transgression des limites ne me donne alors aucune honte de m'attarder sur ce jean's si serré, ses fesses sont sculptées, des courbes parfaites, l'entre-jambes m'augmente la pression, trop de transgression, trop loin des limites, la honte commence, le monde, quelles nouvelles du monde, que dit le monde…

Les clients du café ont l'air de s'être mis d'abord pour commander au moment où je suis entré. Elle court du bar aux tables, me fait un signe ou me lance juste un regard à chaque passage pour me dire d'être patient, qu'elle ne m'oublie pas. Ne t'inquiète pas mademoiselle, j'ai mon temps, tout mon temps, je te remercie même de me donner une excuse pour te suivre du regard. Elle est belle, elle est gracieuse, ce n'est pas qu'elle a tout mais plutôt qu'elle est tout. Et voilà qu'elle arrive enfin, mais maintenant calmement, les clients sont servis, recommencent à parler entre eux, commencent à disparaître pour ne laisser qu'elle et moi. Si calme, si posée –Bonjour monsieur, qu'est-ce que je vous sers? –Un café s'il vous plaît. Pardonnez mes manières un peu trop directes mademoiselle mais j'aimerais vous dire que vous êtes très belle. Disons que je ne suis pas dans mon état normal, d'ailleurs la tête me tourne, je semble flotter entre deux mondes et ici plus rien ne compte, mes pensées deviennent des paroles et les conséquences directement reléguées aux rangs de souvenirs. Je peux même lui demander comment elle va, tandis qu'elle fait remarquer qu'apparement va sûrement mieux que moi, est-ce que ca se voit autant que le week-end était long? Elle prend son temps, attend presque la question suivante, finit par me dire qu'elle me voit souvent, qu'on habite pas loin, se demande pourquoi j'ai l'air mélancolique, à chaque phrase elle baisse un peu le ton de sa voix, les clients ne sont pas loin, ce qui la fait se pencher à chaque phrase un peu plus près de moi. Est elle seulement au courant de l'existance de son bouton rebelle? Si ses yeux sont les seuls garde-fous capable de me retenir du faux-pas, pourquoi les détourne-t-elle aussi régulièrement? Mon cerveau sature de se concentrer sur ses phrases, de devoir en formuler d'autres qui aient du sens, d'enregistrer le film de sa chemise qui s'ouvre lentement, de voler des images de sa poitrine, de choisir entre les lèvres ou le cou. Va-t-en s'il te plaît mademoiselle, je ne suis pas préparé pour sortir brutalement de mon état de flottement. Après un ultime sourire elle s'en va faire mon café, me l'apporte, et j'essaye de lire des nouvelles d'un monde que je ne connaîs plus. Pendant une heure je tourne des pages et remercie silencieusement chaque client qui l'interpelle, l'obligeant à passer devant moi. Je fais bien de me lever et d'aller jusqu'à elle pour régler l'addition, au moins suis-je capable de rester fixé sur ses yeux, nos bras se touchent, ca n'a pas l'air de la déranger, elle me sourit encore, me salue. En refermant la porte derrière moi je profite de lancer un dernier regard, je vois qu'elle me regarde partir, juste pour ca je voudrais retourner vers elle et l'embrasser, la porte se referme.

C'est un dimanche pluvieux, de ceux qui ne leur manque qu'une bonne chanson mélancolique.
Je me repasse tous les films, revivre cette heure pour bien la graver dans ma mémoire, mais ce n'est déjà pas facile, je l'imagine marchant à côté de moi, je la vois m'attendre dans mon appartement, je l'entends placer dans la conversation que son service finit à 22h et qu'elle m'espère. Chez moi, le temps passe inutilement, aucun moment ne peut prétendre être de qualité, aucune activité ne cherche à rivaliser avec Elle. A l'approche des 22h le doute m'envahit. Pendant que mon combat visuel occupait toute ma concentration, n'a-t-elle effectivement pas dit finir à cette heure-ci? Passant par l'espoir, le découragement, le vertige et le vide en cinq minutes, je décide qu'une balade ne m'engage pas trop. Je passe vers le café, ralentis à l'approche de la porte, m'arrete, attends dix secondes, commence à m'insulter, veux repartir, regarde l'heure, m'insulte, commence à avoir chaud, regarde l'heure, entends du bruit, m'apprête à courir, puis dis bonsoir et souris… j'aime son manteau, il cache completement son corps, je respire de nouveau, elle demande qu'on passe d'abord chez elle, des affaires à déposer. Elle n'a pas l'air fatiguée. La tête se remet à tourner en entrant, en portant ses mains à son manteau je ne m'attendais pas à ce qu'elle le retire, elle va nous préparer du thé, je la suis jusqu'à la cuisine mais je n'y entre pas, je la regarde, je ne dis rien, je l'aime. Plus tard, au salon, elle me redit m'avoir souvent vu. Je suis assis très proche d'elle, elle tourne souvent le regard, moi pas, je me décide pour le cou, ma main se pose sur sa joue, sa respiration se suspend, deux éternelles secondes passent, le souffle se relache, le signal pour l'embrasser. Je ne sais pas quoi faire de mes mains, j'ai tellement admiré son corps que je n'ose pas le toucher, une œuvre d'art qu'on ne voudrait pas salir. Ma main quitte sa joue, effleure son épaule, son flan et s'arrête sur sa hanche, endroit neutre. On se s'embrasse plus, on se regarde, elle pose sa main sur la mienne, la guide jusqu'au ventre, au fur et à mesure de la montée elle détourne le regard, encore, je peux alors regarder ma main arriver jusqu'à sa poitrine. Sa respiration se suspend, deux éternelles secondes passent, le souffle se relache, le signal pour déboutonner sa chemise, lentement, je devine son ventre plat, ma tête tourne de plus en plus, je vois de moins en moins, je flotte de nouveau 


Monsieur, monsieur…Bonjour monsieur, qu'est-ce que je vous sers?
–Un café s'il vous plaît… Pardonnez mes manières un peu trop directes mademoiselle mais j'aimerais vous dire que vous êtes très belle.

S.

vendredi 9 février 2007

Krali, krali über alles. Über alles in der Welt.

Cet après-midi, sur le coup des 14h, j'aurai une réunion avec le nouveau grand chef du service. On va parler des engagements de cette année, comme je devrai souvent et longtemps aller en Inde pour le compte de la boîte genevoise, jusqu'à quand je prévois de rester vivre en terre krali, de mes expectatives de futur, faire un petit bilan des mes six mois ici, bla bla bla.

Comment expliquer que mes attentes ont gentiment commencé à mourir et que je ne crois même plus pouvoir apprendre quoi que se soit ici. Si seulement le krali... mais même ca je me dis maintenant que pour apprendre une langue, oui il faut être dans le pays, mais il faut y être en vacances, pas au travail. Le soir en rentrant du boulot, qui veut encore passer une heure à étudier? Ou à se prendre la tête à baragouiner autour de la bière tant attendue?

Comment expliquer que les welsches c'est peut-être toujours la rigole et jamais travail, mais ici c'est le même bordel et justement sans la rigole.

Comment expliquer qu'en ce moment j'ai plutôt envie d'aller vivre en Colombie et faire des missions en Inde sur contrat depuis là-bas. Par ironie du sort je serai même capable de me lier à la communauté teutonne sur place et de quand même apprendre la langue.

Comme je ne m'imagine pas une seule seconde lancer autant de pavés dans le Bodensee, de soulever les problèmes sans donner un semblant de solution, je vais jouer la carte de la prudence ou plutôt du bottage en touche. "La situation n'est pas facile autant pour vous que pour moi alors le premier qui a une idée prévient l'autre. merci au revoir et bon week-end".

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Lightning Jé, qui me semblait bien représenter le flou actuel

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mardi 6 février 2007

Je prends mon plus beau clavier pour t'écrire

J'ai deux petites questions pour vous les aminches et histoire qu'on se mélange pas ca se trouve en deux posts. Ca va peut-être vous paraître futile mais des fois je remarque quelque chose qui me semble exceptionnel alors qu'en fait c'est partout pareil, également je me fais une reflexion sans pouvoir imaginer si c'est la pensée populaire ou si je suis le seul couillon à oser en arriver à de telles théories.

La première question est digne d'un sondage 20Minuten ou Matin Orange mais c'est pour pas vous fatiguer avant la deuxième.

Question 1

Est-ce que c'est seulement ici ou aussi par chez vous les distributeurs automatiques proposent des briquets, clopes, longues feuilles et capotes? Celui-ci se trouve sur un quai de gare donc.

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Posté par sangdencre à 12:25 - autant ne pas en parler alors - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Question 2

Vous pouvez répondre par Oui ou Non mais un petit développement serait fort apprécié.

Etes-vous heureux(-se) ou même fier(e) d'avoir le français comme langue maternelle ? Ou bien celle-la ou autre ferait tout aussi bien l'affaire dès le moment où on se comprend avec son entourage et que n'importe quelle autre langue s'apprend.

Posté par sangdencre à 12:24 - autant ne pas en parler alors - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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